Pis Paul

photo de groupe
les Bear's Towers

par Magali Buy - 3 juil. 2020

chacun sa tour

UN OURS, TROIS TOURS ET DES RIFFS QUI SONNENT ET VOILÀ BEAR’S TOWERS QUI SORT DE SA GROTTE. A 25 ANS TOUT MOUILLÉS, AVEC LEUR NOUVEAU SINGLE VERTIGO, LES 4 COMPÈRES CLUSIENS MIXENT FOLK, HUMOUR ET POP MAINSTREAM POUR UN DERNIER OPUS, TOUT DANS LE MÉLO.

Nathan, Tommy, Aurélien et Olivier, c’est avant tout une histoire de potes de collège et des 400 coups. Alors qu’ils traînent leur swag au skate park du coin, ils grattent quelques accords, juste pour le fun. Les garages tremblent et la musique se donne, à l’inattendu, ils foulent leurs premières scènes et les débuts cartonnent. En 2016, un label les repère et les signe, leur album Never Alone détonne, plutôt bien joué !
Il faut dire qu’ils ont ce petit quelque chose qui les distingue des autres, l’alliance d’une emotional voice et d’un côté rock bon enfant très assumé, signature d’une musique à fleur de peau. Ouvrez vos écoutilles, ça déchenille.

Activmag : Pourquoi Bear’s Towers ?
Aurélien :
Au départ on était 3. Tommy, Nathan et moi. Je suis un peu trapu, avec de la barbe, eux sont jumeaux ! On trouvait que ce nom sonnait bien et sur scène, l’ours entouré des deux tours, c’était cool. Quelques mois après, Olivier nous a rejoints, on s’est dit, une 3e tour ? Pourquoi pas.

Qu’est-ce qui vous démarque ?
L’authenticité de nos liens, l’alchimie qui fait qu’en concert, on s’éclate ! Parfois les gens nous disent qu’il est est rare de voir des musiciens avec une telle complicité. On se marre, on se charrie, on reste nature et on ne cherche pas à composer autre chose que de la musique.

Et de quoi vous inspirez-vous ?
De plein de choses ! Du rap, de l’électro, du jazz aussi. L’éclectisme est un mot qui nous correspond plutôt bien. On n’a aucune limite dans l’inspiration musicale et depuis le départ. Mais on avait besoin d’expériences pour pouvoir aller au bout de l’idée. Aujourd’hui, les compos ont pris toutes les influences de chacun, et c’est ce qui fait notre force.

Et il n’y a aucune rivalité entre vous ?
C’est une aventure de vie à 4, où chacun a sa place et son mot à dire. Personne ne bride personne et il n’y aucune dictature, malgré la posture du guitariste qui crée toujours un peu l’émeute !

Il paraît que les groupes 100 % masculin sont pires que les filles pourtant...
On se crêpe le chignon encore mieux ! Mais ça renforce ! La priorité, c’est notre musique et c’est ce qui nous met au diapason. On sait qu’il ne faut pas que ça éclate trop sous peine de nuisances sonores et ce serait bien dommage. On est une famille, comme 4 frères, ce n’est pas facile de gérer l’émotionnel, mais on rebondit toujours !

C’est rare d’entendre parler les hommes de sensibilité et d’émotionnel, c’est votre côté féminin ? Ça tombe bien, on est très féministe, on est un peu des femmes entre nous (rires) ! Mais c’est fou quand même ce truc qui fait que les hommes doivent être virils sans assumer leurs émotions, comme si c’était une faiblesse de ressentir quelque chose. Nous, on joue beaucoup dessus, sur les choses qui nous touchent. Le monde se porterait un peu mieux si on laissait un peu plus de place à l’émotionnel. C’est juste beau quelqu’un qui pleure !

C’est un des messages que vous véhiculez ?
Disons qu’on a cette chance de pouvoir s’exprimer à travers la musique et l’avantage d’être d’accord sur beaucoup d’idées. Les inégalités, les questions existentielles, comme celles de l’état d’urgence qu’on aborde dans Bells (extrait du dernier EP Prism). On préfère parler à travers nos sets, qu’en manifestant dans la rue. On touche les gens, mais à notre façon. Par contre, on n’aime pas les choses hyper engagées. Le but n’est pas de faire la morale, mais de partager une vision. Hors de question de nous coller une étiquette, le plaisir avant tout !

 

d’infos : http://bearstowers.com

© Romain Lohezic