sapé comme jamais

a piece of chic : le style vintage
made in france

par Mélanie Marullaz - 29 sept. 2018

carré d'as (du volant)

Tout a commencé par un foulard, cette touche finale d’élégance caractéristique des pilotes du début du XXème siècle, qui, en l’air ou sur terre, mais toujours avec style, repoussaient les limites de la mécanique. A piece of Chic, la marque lyonnaise de Sébastien Chirpaz, leur rend hommage.

Certains diraient «vintage», Sébastien Chirpaz préfère «héritage». “Parce que ce n’est pas que de la mode… Qu’il y a, derrière, une philosophie, de la qualité, du fait main...” C’est peut-être le passage à la quarantaine qui a déclenché chez lui l’envie de donner du sens, de revenir à des schémas plus artisanaux, des matières nobles. “J’en avais marre de faire du bullshit.” Même s’il n’en a pas fait tant que ça, évidemment. Son CV, c’est “un parcours basé sur les rencontres, sans plan de carrière” : des études d’ingénieur agro, de la mode un peu, du snowboard beaucoup, un passage outre-Manche et des jeux vidéo. A Londres, il vit près de Camden et de ses petites friperies confidentielles, tenues par d’authentiques dandys spécialisés dans les années 20 à 40. Il est séduit par cet art de vivre, roule sur un vieux scooter, écoute du rockabilly et porte, déjà, des foulards. Ce n’estpourtant que près de 10 ans plus tard qu’il lancera sa propre production.

QUANT-À-SOIE

Il travaille encore pour une grosse boîte de multimédia quand il édite une première série de carrés de soie. Il fait ça sans vraiment se projeter, “entre deux trucs car je suis hyper actif” et vend dans des pop-up stores. Mais un de ses amis l’inscrit de force au salon Première Classe, le grand rendez-vous de l’accessoire de mode, à Paris. “Et là, j’ai cartonné ! Des boutiques japonaises, le Bon Marché… On m’a pris pour près de 50000€ de commandes. Sans cet «accident», je n’aurais jamais emprunté cette voie.” Mais porté par ce succès, en 2012, il crée A Piece of Chic.

MADE IN FRANCHE

Concentré sur la soie et les foulards pour homme pendant les trois premières années, son choix de positionnement mono-produit finit par montrer ses limites. “J’ai donc fait le tour des gens autour de moi, pour voir comment on pouvait travailler ensemble et j’ai rencontré des histoires humaines, des savoir-faire. Comme avec la bonneterie de Roanne, par exemple. On a alors lancé une gamme de maille, des tricots à l’ancienne, des cardigans, des pulls, un peu de bagageries et des chaussettes. Et ces pulls, fabriqués en France, en petite série, ils ne seront pas bradés, ni aujourd’hui, ni dans trois mois”, précise-t-il sans détour. “On nous prend pour des réacs, mais l’idée, c’est de trouver le bon prix, par rapport à une valeur de travail, pas au potentiel du marché. Les gens n’achètent pas nos produits que pour le produit, ils adhèrent à toute l’histoire qu’il y a derrière”.

ROAD CHIC

L’histoire derrière, en dehors du Made in France et des fournisseurs locaux, c’est une vraie passion pour les vieux moteurs, auto ou moto. Sébastien, lui, est fan de Magnat Debon ou Terrot, des petites marques populaires françaises d’avant-guerre disparues aujourd’hui. Il organise d’ailleurs chaque hiver, à Chamrousse, l’Alpine Classique, un rassemblement entre ski et vieilles bagnoles, avec du matos et des mécaniques datant des années 20 à 60. “J’y suis venu par l’esthétique, la musique… J’ai toujours été sensible aux mouvances transgressives, comme les débuts du snowboard ou du skate, par angoisse du conformisme peutêtre… Parce que c’est une vraie contreculture.”

+ d’infos :
a-piece-of-chic
.com

Photos : Laurent Nivalle