toc toques !

chaud télé !

par Mélanie Marullaz - 29 janv. 2018

les pieds dans le paf

Dans la grande famille des "pipoles", après les acteurs, les chanteurs et les footballeurs, une autre catégorie de stars crève l’écran – le petit surtout – depuis une dizaine d’années, ce sont les cuisiniers. Mais qu’ont-ils à gagner de cette notoriété ?

Etchebest, Darroze, Piège, Hermé… Vous n’êtes pas un incollable gourmet, tous ces noms-là, pourtant, vous sont familiers. Et si ce soir, à la télé, Cyril Lignac fait face à George Clooney, le poivre et sel américain n’est pas sûr de gagner. En 2005, Oui, Chef!, série dans laquelle le jeune premier du Sud-Ouest faisait partager la création et l’ouverture de son restaurant, lance la tendance des shows dont les chefs sont les héros.

Mais dans ces émissions culinaires nouvelle génération, les grands toqués ne présentent plus des plats inaccessibles à l’occasion de leçons magistrales, ils jouent les coaches, donnent des cours particuliers ou font découvrir les coulisses du métier. Poids lourds de la catégorie, alors que l’audience des MasterChef ou autres Cauchemars en Cuisine s’essoufflent aujourd’hui, Top Chef rassemblait encore, pour sa 8ème saison, en 2017, une moyenne de 4 millions de téléspectateurs et 17% de parts de marché par épisode, faisant de cette guerre des brigades le programme le plus rentable de M6.

CUISTOTS SOUS LES PROJOS

Les participants à cette popote télévisée sont donc élevés au rang de rock-stars. Mais quand on sait que le tournage dure trois mois, peuvent-ils être à la fois au four et hollywoodien? “Tout le monde, depuis des années, pose cette question aux chefs : mais quand vous n’êtes pas là, qui fait la cuisine?” raconte Thierry Marx, jury sur les cinq premières saisons de Top Chef. “Eh bien les mêmes que quand on est là ! Vous savez, être chef, c’est aussi être chef d’entreprise. Et être chef d’entreprise, c’est savoir faire, bien sûr, mais aussi savoir faire faire.” “C’est tout le restaurant qui a fait Top chef, répond Michel Sarran, qui a pris son relais sur les éditions suivantes. Il fallait bien faire tourner la maison pendant mon absence. Et j’ai une équipe stable qui me permet de me diversifier.” 2 Car le jeu en vaut la chandelle : le chef toulousain reconnaît avoir eu plus de retours à la suite de l’émission qu’après avoir décroché ses deux étoiles au Michelin.

SECOURS CATHODIQUE

Une mise en avant dont Thierry Marx avoue également avoir tiré parti, au profit de ses autres activités. “Quand j’ai commencé à monter des écoles de formation, il y a une dizaine d’années, je mettais trois ou quatre ans à trouver des fonds. Aujourd’hui, la médiatisation me permet d’avoir une visibilité bien plus large pour aller chercher des sponsors. La visibilité M6, c’est 30 000 euros que je peux mettre dans les écoles.” 1 Et cette visibilité, les chefs renommés la dédaignent de moins en moins : “Au début de Top Chef, nous, les quatre membres du jury, on a essuyé beaucoup de critiques, se rappelle Thierry Marx. Quand je vois aujourd’hui le nombre de chefs qui postulent pour en être, je suis souriant…” 1

1. Thierry Marx : “La médiatisation, ça ne vaut la peine que si ça peut être partagé” - Télérama – 27/09/2014. 2. «Comment Michel Sarran mitonne ses succès» - Le Point - 17/03/2015. Photo : © Jean Philippe Robin I M6