toc toques !

food mouv', les nouveaux
réflexes alimentaires

par Fleur Tari Flon - 10 févr. 2019

je mange donc je suis

Nos ancêtres les Gaulois devraient s’en réjouir, pour 92 % des français, manger est avant tout un plaisir, un art de vivre. Mais Obélix, retrouverait-il ses petits cochons dans l’univers food 2019 ? Petit florilège de ce qui fera la tendance dans nos assiettes, cette année.

Je mange donc je tweete

Les foodies explosent en 2019, pour toutes les tranches d’âge, toutes les catégories socioprofessionnelles. Ne culpabilisez plus, photographier son assiette ou le making off de la recette de sa maman, est une vraie tendance. 50% des 18/24 ans partagent des photos de leurs plats. En 2018, Instagram comptait 300 millions de posts hashtag food, twitter, 23 millions de tweets et Facebook... 1 milliard de posts sur le sujet. Le food se décline aussi sur Youtube (3ème catégorie la plus regardée) et 31 % des internautes s’inspirent des plats découverts sur Facebook pour cuisiner. Un langage a même été créé, 88 emojis propres aux réseaux sociaux. Les principaux emojis tweetés sont les pizzas, suivies des gâteaux. A quand l’émoji fondue ou raclette ?

Je mange FLEXITARIEN

Contrairement à ce que l’on peut penser, le mode de vie vegan ne fait plus le buz. Seul un Français sur dix l’a choisi. Par contre, la tendance la plus hype est d’être flexitarien. En deux mots : manger sain et baisser sa consommation de viande rouge (recommandée à 500 gr par semaine par l’ANSES). 8 Français sur 10 estiment aussi que les aliments ont un impact sur leur santé, et consomment donc mieux pour leur bien-être. Les marques de plats préparés l’ont compris et s’adaptent. Ainsi, 88% d’entre elles ont lancé des préparations plus étudiées, plus saines. 75 % des recettes ont vu leur taux de sel baisser de 74% et de 68 % de sucre. Charité ordonnée commençant par nous-mêmes, cet hiver, pour bien faire, il faudrait renoncer aux raclettes et aux charcuteries (et oui, le gras, le sel…), tant pis pour le génépi (l’alcool, le sucre…), recalée la côte de bœuf... bon, je m’arrête là. Il y a des sujets tabous, je sais...

Je mange donc je batch

Que celui qui ne s’est jamais trouvé devant un frigo vide, un dimanche soir, vers 20h, me jette la première pizza. Bien sûr, il y a la solution «allo resto», pas top pour le tour de taille. Sinon, tournez-vous vers le batch cooking : la planification et la réalisation de vos repas de toute la semaine en une seule fois. Bien sûr, il faut bloquer 2 heures minimum derrière les fourneaux, tant pis si on rate un épisode de sa série préférée. Après avoir fait les courses selon la liste dressée, on donne le coup d’envoi d’un marathon culinaire, four chaud et toutes plaques de cuisson allumées. De front, on gère la blanquette de veau, les lentilles, le poulet tandoori et le pot au feu qui seront juste à réchauffer, le soir après le boulot. Avoir tout cuit à l’avance, cela laisse du temps la semaine et surtout, permet de faire de substantielles économies avec des plats mijotés, plus sains avec moins de déchets. Cela peut même se transformer en activité familiale. Tout le monde est mis à contribution, la cuisine prend des airs de boot camp et vous de Shiva, la déesse aux multiples bras.

Je mange et ne gaspille pas…

Selon les états généraux de l’alimentation, lancés par le gouvernement, 10 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées sur le sol français et 33 % de ce gâchis alimentaire provient des foyers, des cantines, des restaurants. Le mantra pour la nouvelle année est donc d’apprendre à utiliser ses restes ou à les recycler façon compost. Petit conseil, allez voir votre mamie, ou votre grande-tante qui ont toujours fait ça, guerre et après-guerre obligent. Si vous n’avez pas de mamie et que vos copines refusent de vous prêter la leur, votre smartphone vous sauve la mise. L’application «too good to go», permet d’aller chercher les invendus des restaurants ou magasins contre quelques euros. «Partage ton frigo» permet de faire bénéficier vos colocs ou voisins de vos restes. Les poubelles pour créer du lien social, fallait y penser.

Je mange dans les food courts

En 2019, soyez en sûr, vous découvrirez les food courts ou adresses branchées qui mélangent lieux de vie, restauration, fête et culture. Né aux USA, pendant les seventies, le concept s’est exporté partout dans le monde avant de faire une entrée remarquée en France en 2018. A Paris, le Ground Control, ancien centre de tri postal, revisité en halle à manger, salle d’expo et de créations a été lancé en février, suivi de La Felicita, au cœur de Station F., la plus grande pépinière de start up au monde. Beau Passage, reste le favori des gourmands avec la cantine chic d’Anne-Sophie Pic (Daily Pic), un salon de gourmandise par Pierre Hermé, sans oublier le bistrot de Yannick Alléno, la boulangerie pâtisserie de Thierry Marx, etc... On annonce que la province sera touchée par la vague food court : Bordeaux, Lyon et pourquoi pas une ouverture en pays de Savoie, chuchote-t-on.

© EkaterinaJurkova / © konradbak