toc toques !

la french team

par Mélanie Marullaz - 25 janv. 2019

allez les bleus !

Des caméras dans tous les angles, un public de supporters chauffés à blanc, les 24 meilleures équipes de la planète et un titre mondial ? Oui, on parle bien d’une grande finale, mais pour celle-là, les joueurs ne tapent pas dans un ballon, ils excellent en bouillons, rognons et cuisson du poisson. Bienvenue au Bocuse d’Or ! On vous présente les tricolores ?

Fin octobre 2018, repas de gala à Megève, opération séduction. Ils sont annoncés comme des stars de ciné, on siffle, on bat des mains, on tape des pieds, il ne manque plus que la bande-son de Rocky III pour qu’ils débarquent en peignoir satiné, les mains gantées.

Mais c’est en veste blanche, griffée de leur nom, qu’ils entrent en scène : Matthieu Otto le candidat français au Bocuse d’Or, son commis et leurs deux coaches. Derrière eux, au propre comme au figuré, une belle brochette savoyarde de toqués : les Conte, Machet, Trincaz, Chanove, et les équipes d’Emmanuel Renaut, hôte et maître de cérémonie. Cette mini-tournée de promo de la «Team France», en trois dates, c’est pour fédérer des soutiens avant d’entrer en phase de préparation intensive, dernière ligne droite jusqu’à la finale à Lyon, le 30 janvier prochain.

Matthieu Otto

LA BANDE À OTTO

Mais tout a commencé en septembre 2017. Matthieu Otto, sous-chef à l’Auberge Saint-Walfrid, restaurant étoilé de Sarreguemines, est retenu parmi huit candidats pour représenter la France. A 32 ans, c’est une bête de concours, un compétiteur dans l’âme. Le Bocuse d’Or, il l’a en ligne de mire depuis le lycée hôtelier. “Pourtant, je ne savais pas vraiment dans quoi je me lançais, c’est une aventure surprenante, inconnue des candidats, une exigence hors norme. L’organisation, la gestion sont poussées à l’extrême. Tout est chronométré, millimétré, c’est de la haute couture !”

Autour de lui, l’équipe se constitue : le jeune Louis de Vicari, passé par la case Flocon de Sel, au poste de commis ; le Bourguignon Yohann Chapuis à la technique ; et sur le bord du terrain, Romuald Fassenet, MOF et jurassien, qui a accompagné pendant plusieurs années les équipes australiennes et japonaises. Ensemble, ils franchissent l’étape européenne à Turin, en juin. Ça commence bien.

Romuald Fassenet

FAUT PAS RATER LE COACH

Pendant les épreuves, le jour J, le coach est là pour conseiller et soutenir, mais n’a le droit ni de cuisiner, ni de goûter. “Je suis devant le box, comme un bodyguard, le Didier Deschamps de la Team France”, s’amuse Romuald Fassenet, “avec des regards pour sécuriser le candidat dans son travail et des solutions s’il y a un souci. C’est une aventure humaine à chaque fois !”. Son meilleur souvenir remonte à 2013, avec un chef nippon. “L’édition précédente, j’avais coaché un bisounours. Là, je leur avais demandé un guerrier, ils m’ont mis un Samouraï ! Le jour J, on avait des codes, j’avais appris 2-3 mots de japonais, il comprenait 2-3 mots de français. Une fois terminé, on a pleuré comme des gamins, j’en ai encore des frissons, et on est monté sur la 3ème marche, avec le meilleur plat de poisson !” Cette année-là, c’est le Mégevan Thibaut Ruggieri, dernier lauréat tricolore en date, qui avait décroché l’or.

La team France : Louis de Vicari, Romuald Fassenet, Matthieu Otto et Yohann Chapuis.

GO ! GO ! GO !

Libérés de leurs obligations professionnelles depuis le mois de septembre, les membres de la Team France vivent, dorment et mangent Bocuse d’Or… Surtout du «carré de veau sous la mère 5 côtes premières, apprêté de ses abats à rôtir», thème du plateau choisi en hommage à Paul Bocuse, et de la «chartreuse de légumes aux coquillages», thème assiette, en référence à Joël Robuchon. Pour la 1ère année, ils peuvent affiner leurs gestes et répéter en conditions réelles dans un espace de 300m2 au sein de L’école Ferrandi, à Paris, où le box du concours a été recréé à l’identique.

Et il faut bien ça… parce qu’en face, il y a du lourd. Depuis plusieurs éditions, soutenues financièrement par leur Etat, les équipes scandinaves, notamment, frappent fort et trustent le podium. On parle aussi beaucoup du candidat américain, Matthew Kirkley. Déjà doublement étoilé à Chicago, il a démissionné de son poste à San Francisco, il y a un an, juste avant d’y recevoir une autre étoile, pour se consacrer exclusivement à la préparation de la compétition… Mais au chaudron comme au ballon, à la fin, c’est la France qui gagne, non ?

+ d’infos :
Finale du Bocuse d’Or dans le cadre du SIRHA - les 29 et 30 janvier 2019 - Eurexpo - Lyon
bocusedor.com I bocuseteamfrance.com

Photos : Simon Garnier