toc toques !

œufs à la neige

par Mélanie Marullaz - 24 janv. 2018

œufs hauts plats

Pas besoin d’ailes pour décoller. La preuve, dans nos contrées, les œufs savent voler. Et pas besoin d’aller skier pour prendre les remontées. La preuve, à bord des œufs, on peut même manger. Pour résumer donc, pas besoin d’ailes pour aller manger. Tu n’as rien compris à cette intro, lecteur ? Rassure-toi, moi non plus. Mais retiens ces mots-clés : œufs, manger.

"Quand je me suis assis dans les nouvelles télécabines des Chavannes, j’ai trouvé ça tellement stable que je me suis dit qu’on pourrait presque manger dedans”, se souvient Benjamin Mugnier, responsable marketing des remontées mécaniques aux Gets. En ce début d’hiver 2010, il se tourne alors vers l’autre versant de la station : avec son nom évocateur et sa promesse de coucher de soleil sur le toit de l’Europe, le Mont Chéry lui fait de l’œil. Et tilt! Pour la St Valentin cette année, les amoureux dîneront en tête à tête dans un œuf, les lumières du village pour chandelles. “Parce qu’on n’est pas que des graisseurs de poulie!”, rit Benjamin “et qu’on peut apporter d’autres expériences, faire autre chose que simplement transporter les gens sur le domaine. ”

ŒUFS À LA NEIGE

A la fermeture des pistes, le 14 février, c’est donc l’effervescence dans la gare : installation de tables sur mesure, décoration des cabines, mise à contribution du personnel de la station pour installer et servir, en partenariat avec le restaurant du sommet, un plat à chaque rotation. “Même si les remontées tournaient au ralenti, c’était stressant pour suivre le rythme en cuisine et il a fallu arrêter plusieurs fois la remontée. Mais finalement, c’est ce que les gens ont préféré, ces pauses sans bruit, avec la vue sur le village.”

La soirée fait le buzz, les télés relaient, les amoureux sont ravis, “on a même eu une demande en mariage”, mais la logistique est trop lourde pour seulement 70 privilégiés, “à une période où il y a plus de 17 000 personnes dans la station”. Aujourd’hui, pour s’ouvrir à un public plus large, la formule a donc été transformée en apéritif dînatoire, avec champagne et mignardises, suivi selon les envies, par un dîner dans le restaurant d’altitude.

ŒUF POPOTTE

Mais le concept a fait des émules. Depuis 2015, à Villars-sur-Ollon, dans le canton de Vaud, c’est le fromage fondu qui prend de l’altitude. Bart Kistemaker, qui a sillonné, en tant que moniteur de ski, tous les recoins du domaine, voulait, à l’origine, offrir un dîner romantique et suspendu à sa fiancée Natasha. Mais l’organisation de cette soirée s’avère compliquée et surtout beaucoup trop onéreuse pour un seul couple. Qu’à cela ne tienne, ces deux amateurs de gastronomie affinent, avec le meilleur producteur de fromage local, une recette de fondue défiant toutes les températures, l’assortissent d’un plateau de charcuterie et de vin blanc du cru, et font tourner les 60 cabines du Roc d’Orsay. La 1ère édition de «Fondue In the Sky» se fait à guichets fermés.

A la suite de ce succès, cet hiver, elle sera donc complétée par deux autres dates, à Verbier et Crans Montana. Forcément, les organisateurs, eux, n’ont jamais vu le soleil couchant sur le Mont Blanc, la Chaîne des Muverans ou les Dents du Midi, ni les lumières naissantes sur la Vallée du Rhône… Mais ils en ont profité par procuration : “ce sont des cabines magiques ! La fondue, c’est convivial, ça permet à l’alchimie de prendre. Du coup, on a vu des gens très différents monter ensemble et s’échanger leurs numéros en partant, avec le sourire d’oreille à oreille”

L’ŒUF A LA COTE

De notre côté de la frontière, quand la moitié-moitié joue les filles de l’air, elle s’appelle «Téléfondue», et c’est à Méribel qu’on peut la goûter, en montant à la Saulire. Au programme des 4 dates prévues cet hiver, apéro des montagnes sous igloo, bar à soupes avant d’embarquer, et liqueurs à l’atterrissage, histoire de redécoller. Mais si, justement, c’est la hauteur qui vous fait peur, l’expérience téléphérique ne vous est pas pour autant interdite. A Morzine, au pied des pistes et au départ de la télécabine du Pléney, la benne rouge et vintage du Tremplin ne quitte plus la terre ferme, mais fait voyager, dans l’assiette, jusqu’en Corée.

+ d’infos :
www.lesgets.com
www.fondueinthesky.com
www.telefondue.com
www.hotel-tremplin.com

 

ET-GLOO, ET-GLOO, ET-GLOO…

Comment ça, la fondue est un plat traditionnel suisse ? Pas du tout, ce sont les Inuits qui, à l’origine trempaient des bouts de bannik - le pain inuit, est-il nécessaire de préciser ? - dans un mélange de fromage de renne fondu et d’alcool de baies sauvages… la preuve, dans les igloos, on mange encore de la fondue. Pour vérifier la véracité de cette information, rendstoi, Lecteur pourfendeur de fake news, au village d’igloos d’Avoriaz, des Arcs ou encore à celui de La Plagne, et tu verras. D’accord, avec la proximité de nos cousins helvètes, la recette suisse a fini par s’imposer, mais l’esprit inuit, lui, est toujours là.

+ d’infos :
www.village-igloo-avoriaz.fr
www.village-igloo-arcs.fr
www.blacksheep-igloo.com

©sébastien Staub