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école
- le fait maison -

par Cécile Boujet De Francesco - 10 sept. 2019

unschooling ou l'école de la vie

PARENTS DE DEUX JEUNES ENFANTS, AMANDINE BERRUX ET SON MARI ONT FAIT LE CHOIX DE NE PAS SCOLARISER LEUR PROGÉNITURE. LILI ET NOÉ GRANDISSENT ET S’INSTRUISENT SELON LE PRINCIPE DE L’UNSCHOOLING, SORTE D’APPRENTISSAGE SELON LE RYTHME ET LES DEMANDES DE L’ENFANT. ET CELA SEMBLE PLUTÔT LEUR RÉUSSIR.

"Les enfants, par instinct, veulent apprendre. Apprendre à lire, à écrire, à compter... Ils veulent comprendre le monde et son histoire. Même si on ne suit aucun programme, ils apprennent naturellement ce qui est préconisé”. Maman de deux enfants et professeure des écoles en congé parental, Amandine Berrux est de longue date passionnée de pédagogie. Pour elle : “l’apprentissage n’est que joie!”.
Mais la réalité la fait pour le moins déchanter dès ses débuts d’enseignante en 2010. “Je trouvais que l’école était top rigide, qu’il y avait trop d’évaluations, qu’il fallait tout le temps rentrer dans des cases... Ça ne me correspondait pas. J’étais déçue”, raconte celle pour qui la contrainte -quand ce n’est pas l’école elle-même- casse l’envie d’apprendre.

AU RYTHME DES ENFANTS

Arrive Lili, trois ans plus tard, suivie de Noé en 2016, et rien pour la faire changer d’avis. La jeune femme et son mari -artisan boulanger- se lancent alors dans l’unschooling. A la différence de l’école à la maison qui s’appuie sur des programmes et des horaires, entre autres cadres, cette méthode d’instruction repose sur des apprentissages “autonomes et autogérés, en lien avec les situations de la vie”, explique Amandine Berrux. Le tout inspecté chaque année.
“J’ai fait le choix d’être en congé parental pour m’occuper de mes enfants et pour pouvoir vivre cette expérience avec eux”, poursuit-elle. Une aventure qui peut donner le vertige à certains, mais que la jeune femme vit avec joie et sérénité. “On part de l’intérêt des enfants et on suit leur rythme. S’ils veulent apprendre à lire à 20 heures, on sort les lettres à ce moment-là”, s’enthousiasme-t-elle avant d’ajouter que ses têtes blondes ont emmagasiné tout ce que les autres enfants de leur âge savent,“voire plus”.

BIEN DANS LEURS BASKETS

Une sortie au marché pour compter et rendre la monnaie, une visite à la ferme des arrières-grands-parents ou au jardin pour mieux connaître animaux et plantes, quelques heures passées aux côtés de papa pour faire du pain et comprendre les mesures... Cette «école de la vie» transforme chaque moment en occasion de construire son savoir. Sans pour autant faire de ces écoliers des enfants décalés : “En vacances, Lili et Noé vont naturellement vers les autres enfants (quitte à venir demander des rudiments d’anglais si nécessaire). Ils cherchent le contact, sans barrière.”
Et si Lili ou Noé veulent un jour aller à l’école ? “S’ils en ont envie, évidemment qu’ils iront. C’est certain. Lili a souhaité être scolarisé l’an passé. Elle voulait suivre nos petits voisins. Elle a fait une matinée : elle n’a pas du tout aimé. Pour le moment, elle n’a plus envie d’y aller. Je pense qu’elle avait fantasmé l’école. Pour Noé, j’insisterai pour qu’il fasse une période d’adaptation, ce que l’on m’a refusé pour Lili”.

 

+ d’infos : Selon la loi, l’instruction est obligatoire de 3 à 16 ans à partir de la rentrée 2019. Elle peut être dispensée à l’école comme en famille.