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- meeo -

par Cécile Boujet De Francesco - 10 sept. 2019

l'école pour enfants extra-ordinaires

DEPUIS 2016, MEEO ACCUEILLE DES ENFANTS QUI PRÉSENTENT DIFFÉRENTS TROUBLES NEURO-DÉVELOPPEMENTAUX. UNE INITIATIVE QUE LA CINQUANTAINE D’ENFANTS ACTUELLEMENT SCOLARISÉS ET LEUR FAMILLE DOIVENT À FÉLICIE PETIT...

La création de Mon Ecole ExtraOrdinaire, Meeo, s’est imposée à Félicie Petit lorsque sa fille aînée, souffrant de troubles du spectre de l’autisme, lui a confié vouloir “redevenir une vraie petite fille”. Coup de massue pour cette maman qui, à l’époque, fait l’école à la maison pour sa fillette tout bonnement exclue du système éducatif ordinaire. “Avec ses sérieuses difficultés d’apprentissage, elle ne pouvait pas passer en CE2 et ne pouvait, pour autant, pas redoubler le CE1”, résume Félicie Petit.
L’Ancilevienne comprend vite qu’elle va donc devoir trouver une autre solution. Et toute seule, puisque si l’école n’est plus possible, rien n’est proposé en contrepartie. Ce sera Meeo ! Entourée d’autres parents, elle fonde une association en 2015, reconnue par l’Agence régionale de santé (ARS) dès l’année suivante, pour l’ouverture de l’école. “C’est allé assez vite”, reconnaît Félicie Petit. Le projet a rapidement été soutenu par des familles, elles aussi dans l’impasse, des professionnels de tous bords (enseignants, éducateurs, spécialistes...) et la ville d’Annecy-le-Vieux, qui a mis à disposition son ancien presbytère.

UNE PREMIÈRE EN FRANCE

Trois rentrées scolaires plus tard, Meeo accueille une cinquantaine d’élèves, répartis en groupes de neuf. Des écoliers de 6 à 11 ans et des collégiens scolarisés via le Cned. Des enfants «extra-ordinaires» comme aime à le répéter Félicie Petit, pour la plupart neuro-atypiques ou porteurs de troubles neuro-développementaux (autisme, troubles des apprentissages, d’attention, enfants avec haut potentiel intellectuel...).
Rythmes, propositions et outils pédagogiques... Non seulement «l’école s’adapte à chacun», mais elle permet la prise en charge «tridimensionnelle» -éducative, pédagogique et thérapeutique- dont ces enfants «hors cadre» ont besoin. Un modèle inédit en France qui s’inspire d’initiatives déjà bien rodées au Canada et en Belgique. Et en marge de ces fondamentaux, c’est aussi l’estime et la confiance en soi ou encore la gestion des émotions que les enfants apprennent à faire (re)naître. Le tout sur fond de «vivre ensemble». “Chacun s’enrichit de la différence de l’autre”, sourit Félicie Petit qui n’a de cesse d’encourager tous ses petits protégés.

SUR MESURE

Ambiance «familiale», accueil ultra personnalisé (tout une série de solutions pratiques est mise en œuvre pour que chacun soit à son aise : des bouées sur le sol pour étouffer le bruit d’une paire de pieds quelque peu extravertie, la possibilité de quitter de son propre chef, mais temporairement, la salle de classe lorsque l’attention n’est plus au rendez-vous...), Meeo n’est pas qu’une école, c’est aussi un lieu de reconstruction pour les enfants, car ici tout est fait pour qu’ils puissent, tôt ou tard, revenir dans le système ordinaire (pour 90% d’entre eux, selon Félicie Petit). Mais aussi pour des parents très souvent éprouvés, quand ils ne se retrouvent pas carrément célibataires ! Qu’ils aient ou non scolarisé leur chérubin à Meeo, la drôle d’école -«Lieu d’écoute, de partage et d’entraide»- accueille, par ailleurs, professionnels et aidants via des ateliers, des conférences et une bibliothèque. Femme et maman engagée, Félicie Petit ne compte pas s’arrêter là. Elle espère essaimer dans d’autres régions le modèle innovant porté par Meeo et, pour prolonger sa démarche, participer à l’insertion des personnes autistes dans l’entreprise.

https://www.ecole-meeo.com/