toi+moi+eux

in the box !

par Pauline Marceillac - 23 mai 2018

serrés au fond de cette boîte ?

Bérangère, Olivier, et leur famille recomposée, s’appellent désormais la famille sardine. Ils ont décidé de quitter leur maison de 240 m2, avec piscine, pour vivre dans… 30 m2 ! Lubby de bobos ? Coup marketing ? Nécessité oblige ? Activmag les a rencontrés.

En entendant parler du projet expérimental de la «famille Sardine», à savoir quitter une maison de 240 m2 avec piscine, dans le centre de Lyon, pour s’installer dans un 30 m2 afin de tester pendant un an le zéro déchet, une vie au ralenti, tout en resserrant les liens de la famille autour de valeurs plus essentielles, loin du matériel, on est en droit de s’interroger sur cette démarche volontaire, quand d’autres n’ont pas le choix.

Olivier, 40 ans, a bien conscience de ce questionnement «légitime», mais explique leur démarche pour deux raisons. La première est que financièrement, justement, ils ne s’y retrouvaient plus dans leur grande maison. Ils couraient après le temps et l’argent, au détriment de leur famille. Et puis, Bérangère et lui sont des écolos convaincus depuis longtemps. Au fil des années, nécessité faisant loi, ils n’avaient d’autre choix, avec cette maison, que de consommer à outrance, allant, de fait, à l’encontre de leurs principes.

Ils décident donc de vendre pour plus petit, plus responsable. C’est à ce moment-là qu’ils apprennent qu’un promoteur rachetait un immeuble dans le 8ème arrondissement de Lyon pour le raser, immeuble dans lequel Olivier est justement propriétaire d’un petit appartement de 30 m2 acheté pour sa fille et lui, lors de sa séparation d’avec la mère de l’enfant, époque où il n’avait pas un radis en poche ou presque ! Ce qui est un comble pour le restaurateur qu’il était alors… “on a connu la panade. Aujourd’hui, avec cette expérience, nous ne cherchons pas à «jouer aux pauvres» !” L’immeuble va être détruit d’ici un an et l’appartement vacant. Bérangère s’est dit alors : “C’est idiot, on a qu’à s’y installer, nous”. Le projet de la famille Sardine était né.

DE BRIC ET DE BROC

Ils s’y sont installés fin février, et hormis leur frigo (certains abandonnent même cet électroménager afin de ne plus gâcher bêtement des aliments, ndlr) et leur télévision, ainsi que le nécessaire vital, ils n’ont rien gardé. Pour loger au mieux Charlotte, 17 ans, la fille de Bérangère, qu’ils ont avec eux une semaine sur deux; Calista, 12 ans, la fille d’Olivier, présente un week-end sur deux et la moitié des vacances ; et Antoine, 5 ans, leur petit dernier, ils ont dû jouer à Tetris.

Ils font de la récupération pour tout, jusqu’aux charnières de portes, servant elles-mêmes à refermer la «chambre» d’Antoine, où tient juste un matelas. Le petit garçon est ravi et s’est déjà vanté auprès de ses copains de vivre dans une cabane ! Le couple a construit un lit superposé au-dessus de l’antre de l’enfant pour les filles, et s’est construit une mezzanine pour eux au-dessus de la cuisine/salon/salle à manger/entrée. Leur logement ressemble un peu à un bateau : tout doit être pensé pour que rien ne dépasse. “Le fait d’habiter dans un endroit exigu resserre les liens de la famille, et va nous permettre d’être plus souvent dehors. Nous souhaitons faire découvrir à nos enfants un autre mode de vie, partager des activités en famille, comme aller à la rencontre d’associations”, explique Olivier, une petite lueur de bien-être dans l’œil. Le blogueur culinaire qu’il est, est également enchanté par sa nouvelle cuisine qu’il trouve plus chaleureuse !

Pour Bérangère et Olivier, cette expérience va surtout leur permettre de partager avec tous ceux qui le souhaitent et les suivent sur les réseaux, des bons plans d’entraide et de débrouille. Etant eux-mêmes en immersion, ils seront plus légitimes pour dire que le «consommer mieux et moins» est possible. “A terme, nous allons peut-être créer une communauté dans laquelle on pourra offrir ses bons plans et/ou ses services”, espère Olivier ? Au-delà de l’hyper consommation irraisonnée, pour un monde plus équitable et plus écologique.

Vu comme ça, leur projet, on y adhère et on a même envie d’aller tenter l’expérience avec eux. Sauf qu’il n’y a plus de place. C’est ballot.