toi+moi+eux

la roue tourne !
annecy mobile

par Cécile Boujet De Francesco - 16 mars 2020

annecy trace sa route

ENJEU DE TAILLE SUR L’AGGLOMÉRATION ANNÉCIENNE, QU’ON SOIT EN PÉRIODE ÉLECTORALE OU PAS, LA MOBILITÉ EST « LE » SUJET QUI PEUT VITE FAIRE VIRER UNE CONVERSATION À LA GUERRE DE TRANCHÉE. QUELQUES MUNITIONS POUR VOUS AMUSER AU DÉJEUNER DOMINICAL...

TRAMWAY : ÉPISODE 3672 ET DES BROUETTES...

Depuis un an, on l’a lu et entendu partout : le projet de tramway à Annecy est sur les rails (pardon... c’était trop tentant !) Et ce n’est pas fini ! L’étude opérationnelle, dont le lancement a été voté en février 2019 et qui doit s’étaler sur 18 mois, a commencé à donner quelques résultats. La solution la plus pertinente, selon les experts du cabinet de conseil Systra, serait 2 lignes de tram. La première relierait Les Glaisins à Epagny, via le campus universitaire, la gare, Cran-Gevrier et Meythet, et la seconde Cap Périaz à l’hôpital via Seynod (Costa de Beauregard et Champ fleuri), la gare et le quartier du Parmelan, le tout doté de parkings relais.
Et pour la rive ouest du lac ? L’étude préconise un bus en site propre (BHNS) ! Et là, ça coince... Les débats sont houleux, et les chiffres balancés se contredisent d’un camp à l’autre. Difficile d’y voir clair. Tentez votre chance ! Petit exercice : sachant que les pros bus s’appuient sur un nombre insuffisant de voyageurs récurrents potentiels pour un tram et que les pro tram brandissent un report modal (de la voiture au bus) annoncé à moins de 1% : où est Charlie ? Et pour simplifier le tout, Béatrice Jarrige, l’experte désignée par la Commission du débat public lors de la consultation Lola, retient, elle, comme hypothèse «6 000 voyageurs par jour ouvrable pour le BHNS de Lola et une fourchette de 10 000 à 14 000 voyageurs par jour ouvrable pour le tram Annecy-Faverges». A contre-courant de l’étude menée par Systra. Quand on vous dit qu’on y comprend rien... Bref, rien n’est acté, le projet final ne sera pas voté avant l’automne prochain. D’ici là, on aura bien encore quelques épisodes à vous raconter.

©Water Taxi

LE LAC EN EXPRESS

Avec 13 000 passagers - dont 70 % de touristes1 -, on peut dire que les navettes lacustres ont eu, l’été dernier, un beau succès (si on oublie certains usagers habituels du lac plutôt mécontents). Elles sont donc de retour cet été : les week- ends de juin et septembre, et tous les jours de juillet et août. Outre des horaires qui pourraient être repoussés en soirée, Grand Annecy autoriserait l’exploitant à renforcer les dessertes lors des grands événements. 2 communes, Duingt et Menthon, ont par ailleurs été ajoutées sur les circuits de ces « lounge boat » de 12 places plus vélos - si affinité et espace disponible -, et accessibles aux fauteuils roulants. Soit 7 points d’arrêt/départ. L’idée étant surtout de traverser le lac : Annecy-Saint-Jorioz via Veyrier ou Annecy-Talloires via Sevrier2. Le cahier des charges stipule aussi que les bateaux peuvent être hybrides, électriques ou utiliser «toute autre solution innovante réduisant les émissions de carbone». 13000 passagers à bord, ça fait combien de voiture en moins déjà ?

 

1 Chiffres du Grand Annecy
2 3 euros entre deux communes, 6 euros pour le trajet complet.

©Yannick Perrin

SIBRA SE LA JOUE SHIVA

Sibra n’a pas les mains dans ses poches (ah ah ah) et passe à la vitesse supérieure.
Pile un an après le lancement des lignes Rythmo 1 et 2, avec une hausse de fréquentation de 15%1 à la clé, la Sibra lance Rythmo 3. Concrètement, à partir du 4 mai, la ligne 3 actuelle (qui va du parc Altaïs à Novel en passant par Cran-Gevrier, la gare et Parmelan) passe au même cadencement que Rythmo 1 et 2, soit toutes les 10 minutes en journée, avec des rotations toutes les demi-heures jusqu’à 1 heure du matin. 6 véhicules neufs articulés arriveront cet été en renfort sur Rythmo 1. Un recalibrage complété par des ajustements horaires sur d’autres lignes.
Entre le 29 juin et le 1er septembre 2019, la même Sibra a fait un vrai carton avec ses bus des plages : 10 000 voyages pour la ligne 1, entre Annecy et Duingt (jusqu’à 263 montées par jour) et 26 000 voyages pour la ligne 2, entre Annecy-Talloires-Montmin (jusqu’à 557 montées par jour). Le dispositif est reconduit cet été avec sans doute plus d’allers-retours en soirée, voire une offre de fin de soirée spécifique pour le Festival international du film d’animation.
D’ici là, on saura si les lignes d’hiver Semnoz et Glières ont rencontré le même succès. On peut d’ores et déjà constater qu’elles permettent d’accéder aux deux sites, via la gare, à la tarification Sibra (1,50 euros au max au lieu de 4 ou 5,60 euros avec les anciennes formules), à raison de 12 allers et 10 retours toutes les demi-heures pour le Semnoz et 3 départs et 3 retours pour les Glières. Premières estimations : 4 000 voyages comptabilisés pour le Semnoz et 1 500 pour Les Glières sur les 27 premiers jours d’exploitation. A suivre...

1 Chiffres Sibra, enregistrés de mai à déc. 2019 sur les lignes 1 à 7.

©Bird

LES TROTTINETTES DE LA DISCORDE

L’été dernier, les trottinettes électriques « free floating » - en libre-service, en bon françois) - ont fleuri dans les rues et sur les trottoirs, à l’arrêt comme en circulation. En août, période de pic, 250 engins ont été utilisés, soit près de 10 000 courses par semaine selon la mairie, essentiellement en hypercentre et le long du lac, des Marquisats à Chavoires. L’arrivée de ces « jouets » n’a pas fait que des heureux: une quarantaine de plaintes courrier et une centaine de signalements ont été enregistrées durant les trois mois de l’expérimentation, sans compter 4 accidents, un effet minime sur l’usage de la voiture et un modèle économique contestable. Pour l’été 2020, les trottinettes devraient être de retour aux quasi mêmes conditions: interdites sur les trottoirs, les quais et certains sites comme le pont des Amours (d’autres sont à l’étude) et bridées à 6 km/h dans les rues piétonnes, mais obligatoirement déposées dans des zones de restitution, sinon la facture de l’utilisateur s’alourdira. Et pour ce qui est du respect du code de la route ? Doit-on aller mettre un cierge à Notre-Dame-de-Liesse ?