toi+moi+eux

par tous les seins

par Mélanie Marullaz - 19 juin 2018

Et moi, émois & mois

Un décolleté en janvier, un fessier en février, une bombasse en mars… Le calendrier dénudé accompagne le décompte des mois depuis des années. Osé à l’origine, il a viré engagé au fil du temps, quand Jacqueline, Marcel ou René ont décidé, au même titre que les modèles et super stars, de s’y exposer.

Des filles en petite tenue autour d’un ballon… Le calendrier des Féminines du Rugby Club du Môle, à Bonneville (photo ci-dessus), est plus taquin que coquin. Les modèles sont de vraies joueuses, et depuis 2010, elles veulent “montrer que le rugby n’est pas forcément masculin, que les femmes ont leur place dans ce monde de brutes et que même si on joue, on garde notre part de féminité !” résume Pauline Bocquet, leur dirigeante. En se dénudant, elles attirent le regard sur leur activité et récoltent, chaque année, près de 3000 euros pour la financer.

DE LA GOMME ET DES FORME

Mais à l’origine, le calendrier déshabillé n’est pas spécialement porteur de message. En 1964, la marque Pirelli lance un calendrier avec la photo d’une belle plante pour chaque mois. Dans les premières décennies, les modèles sont encore entourées de pneus, mais en 1993, on supprime la gomme pour ne garder que les formes. Naomi, Cindy, Eva ou Penelope, s’y dévoilent alors sous l’objectif talentueux de Giacobetti, Avedon ou Leibovitz.

A la même époque, aux antipodes, les sculpturaux pompiers de Brisbane décident, eux aussi, d’exhiber leur corps huilé. Coqueluches de la population, attachés à l’image respectable qu’ils véhiculent, ils n’exposent que leur torse et reversent les bénéfices de la vente aux unités Grands Brûlés des hôpitaux australiens. Cette initiative est certainement la 1ère à caractère caritatif dans la série des calendriers dénudés, et elle a, depuis son lancement, permis de récolter plus de 2,8 millions de dollars.

 

l'Isérois Simon Fourcade, dans le calendrier des Dieux du Stade 2017

POSE ET CAUSE

Dans l’hexagone, ce sont les Dieux du Stade qui créent, en 2001, l’hystérie dans les chaumières. Depuis, chaque édition des postures suggestives des éphèbes de l’ovalie se vend en moyenne à 180 000 exemplaires ! Buzz phénoménal, ce coup marketing participe au financement du Club, mais une frange des bénéfices revient également à des œuvres caritatives. Idem pour les fonds récoltés par les monitrices de ski des Gets en 2016 : elles jouent alors de leurs courbes sportives au profit de la lutte contre le cancer du sein. La bonne cause reste d’ailleurs la motivation principale derrière ces calendriers. Que l’on ait un physique de divinité grecque ou pas.

Car il n’y a pas qu’Apollon en Olympie, il y a Dionysos aussi ! A son image épicurienne, cette année, 12 chefs grenoblois ont accepté de poser dans leur cuisine et dans le plus simple appareil, en soutien à une association engagée contre la maltraitance des enfants.

VRAIES ANATOMIES

Car depuis la fin des années 90, Madame et Monsieur Tout-le-Monde se sont emparés de ce support lucratif. Dans le sillage de ces mères de famille britanniques, âgées de 45 à 65 ans, qui avaient mis leur anatomie au service de la recherche contre la leucémie. Leur histoire inspira le film Calendar Girls (2003) et fit nombre d’émules aux quatre coins du monde.

Aujourd’hui, si le filon s’est un peu essoufflé, il n’a pas totalement tari. 2018 a encore vu fermières autrichiennes, apiculteurs, SDF, papas et roux effeuiller les mois de l’année pour défendre une cause ou gagner en visibilité. Mais certains s’y prêtent tout simplement pour s’amuser. Comme les Dieux de la SEMITAG, salariés de l’entreprise de transport grenobloise, qui, cette année, avaient juste envie de “partager un moment ensemble”. Ensemble, mais nus, c’est tout !

© Yann Bautheney © Errikos Adreou/stade.fr