toi mon toit

activ'
à la ferme

par Victoire Barrucand - 15 avr. 2019

les 12 travaux d'hercule

OU PLUTÔT DE CÉDRIC ET SÉVERINE, SANS OUBLIER LES POTES CHRISTOPHE, MANU, YANNICK, KARINE ET TANT D’AUTRES... ET BIEN PLUS QUE 12 TRAVAUX POUR CETTE VIEILLE FERME DE 1851 ENTIÈREMENT DÉSOSSÉE ET REMONTÉE, PIÈCE PAR PIÈCE, À VAULX, PRÈS DE RUMILLY. RÉSULTAT : 200 M2, ET AUTANT DE M3 PASSÉS À LA BENNE.

Juillet 2015. Cédric et Séverine, la quarantaine, ont envie de pousser les murs. Leur appartement à Poisy, entièrement refait, a par ce fait, perdu de son attrait. Il est temps de voir plus grand. Ils tombent sur cette maison par hasard, sans vraiment avoir cherché. Un vrai coup de foudre ! A la campagne, elle offre un grand jardin et un critère non négociable : tout à refaire et à inventer pour faire de cette première maison leur création.
Trois ans et demi se sont écoulés depuis son acquisition. Trois ans et demi consacrés, chaque week-end, chaque vacances, à la rénovation de cette propriété pep’s rock. Abnégation, persévérance, compromis et appels à un, deux, trois amis, font le sel de cette aventure surhumaine.

DEMOLITION MAN

Dire que Cédric est bricoleur est un euphémisme. Plaquiste, plombier, électricien, peintre, carreleur, menuisier..., et j’en oublie, il sait tout faire ! Et même dessinateur, c’est lui qui va coucher leur projet sur papier. S’il s’épanouit dans le gros œuvre, Séverine, entre 2 brouettes, cherche l’inspiration dans les magazines déco. Style minimaliste, mais atypique, sera le fil conducteur.
Le rez-de-chaussée, habitable, est investi par le couple et leur petite Emma. L’opération commando va pouvoir débuter. Attention, Cédric sera intransigeant sur le déroulement du chantier : chaque pièce commencée devra être terminée avant de passer à la suivante. Ok, c’est parti. L’étage est rasé, les cloisons supprimées, les combles dégagés. Hop, Cédric isole, dedans, dehors, le toit, les murs. En terme de matériaux, la sélection se concentre sur le bois, le métal et le verre. Envie de transparence, d’ambiance urbaine, avec la touche bois chaleureuse : il n’y a plus qu’à harmoniser l’ensemble.
L’architecture des niveaux supérieurs a été imaginée autour d’une structure métallique faite sur mesure : poteaux-poutres verticaux et poutrelles de soubassement pour le plancher s’imbriquent sur place et en 6 heures chrono s’il vous plaît ! Sa pose est le point de départ de la mise en œuvre du chantier.

MARTEAU, CISEAUX, PAPIER

Tout en haut sont créées 2 chambres reliées entre elles par une passerelle de verre. La première, pour Emma, présentait quand même un défaut, cette poutre basse en plein milieu de la pièce. Après réflexion, elle fut conservée, adoptée comme une originalité. Emma ne s’en plaint pas et s’en amuse même. En face, la chambre d’amis derrière la verrière se vit en toute transparence. Pas de rideaux pour l’instant, alors on se tient à carreaux ! Beaucoup de blanc, un doigt de graphisme dans le papier peint, une virgule de couleur, des velux plein les toits renforcent leur contemporanéité. Le niveau inférieur est consacré aux pièces principales. On empreinte l’escalier dont les marches en chêne ont été coupées et posées par le maître de maison. Au sol, un parquet chaleureux, parce que la petite famille n’aime rien de moins que marcher pieds nus. Cet avion d’un vieux manège en bas de l’escalier n’a pas atterri là par hasard. Des mois de recherches jusqu’en Alsace ont été nécessaires pour le dénicher, puis le décaper, le repeindre, remplacer les pièces abîmées. Une table monumentale sépare le salon de la cuisine. 2 lampadaires de rue la surplombent, achetés d’occasion. Le salon apparaît tel un abri où paresser. La couleur implose, posée directement sur les moellons et, en contraste, un fauteuil jaune tournesol donne le sol'eil. En face, la cuisine apparaît dans son plus simple appareil, réduite à l’essentiel. Ilot central et placards blancs dessinés, coupés, posés par le binôme. Au sol, ce sont des plaques de métal vernies qui ont été choisies. Le garde-corps conçu et monté par Cédric, en câbles d’acier, sépare l’escalier qui mène au rez-de-chaussée.

ZAUNE PRIVÉE

L’escalier de l’entrée, lui, a été conservé et simplement rénové. Le mur sera mis à nu, son aspect brut en atout de séduction. Au sol, le carrelage discret laisse la couleur se la péter. Inspiration directe des magazines et ses stars de la déco. A l’abri des regards, l’espace nuit accueille la chambre parentale, le dressing -s’en priver serait pécher- et la salle de bains. Graphisme assumé pour cette dernière : douche habillée de noir et blanc, carreaux à géométries variables, ciel de pluie, on est bien dans du design contemporain. Bleu électrique et blanc éclatant habillent la double-vasque, et lumière plein feux grâce au miroir lumineux. La chambre juste à côté, paraît spacieuse, les teintes contrastées sont adoucies par la présence du parquet et les tentures lourdes et occultantes. Le dressing qui suit est pratiquement aussi grand que la chambre ! Des placards, des tiroirs... La fête pour les jupettes et les chaussettes ! On peut même s’y attarder, hésiter... Place ! Ce fauteuil est pour moi ! Cerise sur les travaux : pas de mauvaise surprise, un chantier roulé sous les aisselles ou presque, pas de coups de gueules ou à peine l’esquisse d’une petite moue (j’ai insisté !), des amis même pas découragés ni dégoûtés, un gros chien dans le jardin - promis à Emma -.
Et maintenant que c’est fini ? Ouf, il reste tous les extérieurs, les abords de la piscine, le pool-house... Des envies, les potes et le barbecue.

flo art photography