toi mon toit

hôtes en pays d'apt,
comme un parfum de collines !

par Magali Buy - 30 oct. 2018

auribeau c'est beau la vie

Apt et quelques kilomètres en lacets plus loin, une pancarte «Auribeau» me sort enfin de nulle part, ça y est, j’y suis ! Je sonne, le portail s’ouvre… éparpillés un peu partout, les champs de lavande distillent la bonne humeur, le gravier s’amuse sous mes pieds, les cigales sautent aux yeux. C’est les vacances ! Des pas énergiques et discrets s’approchent, je range mes rêves dans ma poche, mais pas mes yeux d’enfant.

Tout sourire, le chignon en bataille, Michèle Vene est venue m’accueillir et m’invite à la suivre. C’est plutôt Sylvain, son mari, qui s’occupe de ça en général, mais en attendant qu’il arrive…

Au cœur de la propriété, la chaleur du mois d’août plombe encore, le bassin naturel nous fait de l’œil, à l’abri des oliviers, la nature explose un peu partout. Arrivées sur la terrasse, le petit déjeuner est à peine levé, les corbeilles bien entamées, le café flotte encore…

Un expresso au bout des doigts, Michèle m’installe autour de l’îlot central avant d’attaquer sa vaisselle matinale. Avec naturel, elle plonge dans leur histoire, les yeux dans les frigos rouge pétant, j’ai l’impression d’ouvrir un livre de Marcel Pagnol.

NOTES DE CŒUR

Tout démarre par hasard quand leur fille leur offre une nuit dans une maison d’hôtes. “On s’est retrouvés dans la Drôme, dans un lieu certes très sympa, mais à l’accueil un peu bizarre, une drôle de manière de gérer les choses. On s’est tout simplement demandé comment on aurait fait si nous avions été chez nous, on a joué à ça pendant tout le week-end et petit à petit, les choses se sont faites toute seule.”

Et si finalement le jeu en valait la chandelle ?

Projection, imagination et vrais petits poucets, le couple pose une pierre, puis une autre, sans jamais se perdre en chemin : “Ça a duré des mois. On était sûrs d’une chose, on voulait partir dans le Sud. Mais où ? Mystère… On a visité toutes les régions de l’arrière-pays niçois, la Drôme, la Camargue et le Lubéron. Ses reliefs, sa végétation, tout nous convenait.” Conquis, il leur faudra un an pour trouver le lieu parfait, quitter leurs postes dans l’immobilier d’entreprise et le tumulte de la vie parisienne. 2011, l’éventualité est devenue une évidence, ils emménagent en plein parc naturel du Lubéron et mettent Paris en bouteille.

AU PARFUM !

Plantée au beau milieu de 4 hectares, c’est un vieux moulin du 16ème siècle qui fait office de bâtisse principale. Après avoir pris la peau d’un camping, d’un centre équestre et d’une auberge de jeunesse low-cost, s’il est chargé d’histoires, il n’a plus vraiment d’âme. Sylvain, qui me fait visiter, s’explique : “On est tombés sur un genre de ferme aux allures des années 60/70, perdue dans les époques et un peu vieillot, le jardin n’était pas entretenu, il y avait des mauvaises herbes de partout, mais tout était sain, fort heureusement. On a tout cassé, tout nettoyé et tout repensé, et vogue la galère !”

Bien décidé à lui donner un nouveau souffle, le couple relève ses manches, défriche et recrée les espaces. Ils cheminent, montent des murs en pierre extérieurs calqués sur les façades d’époque, redessinent petits sentiers et massifs généreux, leur nature s’acclimate, les idées prennent vie, et c’est au cours d’une balade que le ton est donné ! “On est parti se promener en face de la propriété sur un sentier. Il venait de pleuvoir, ça sentait le thym mouillé et le romarin, je nous entends encore dire… Tu sens ces odeurs de parfum qui se dégagent de la colline ?” Ni une ni deux ça coule, le nom est trouvé, le parfum des collines apporte de l’eau au moulin.

FRAGRANCE DÉLIT

A partir de là, la dominante est dans l’air. Pour que l’ensemble soit cohérent, tout est planté en aromatique. Sarriette, sauge ou laurier embaument, des allées aux petits plats truffés de Michèle. Ça sent le bonheur et le retour aux sources, l’envie de marcher pieds nus sur les terrasses à l’ombre des saules pleureurs.

Côté maison, on suit le mouvement ! Ambrée, Sillage ou Concrète, les chambres, tout en courbes linéaires et épurées, empruntent leur nom à la parfumerie et en gardent l’ambiance. “De l’intérieur à l’extérieur, on a voulu conserver l’authenticité et ajouter notre touche perso, mélanger le bois et les vieilles pierres aux tendances plus contemporaines !” Du béton ciré aux couleurs lumineuses qui réveillent les murs travaillés à la chaux, portes en queue de billard, bibelots balinais, lavabo hand made, vieilles valises chinées ou table basse en traverse de chemin de fer rhabillée, le mariage des genres ne trahit jamais l’essence des lieux.

Tout est fait pour donner l’impression d’un petit chez soi, confortable et rassurant, celui où il fait bon vivre ! “La maison a été conçue pour que chacun se sente comme chez lui. Ceux qui viennent au moins 5 fois ont leur plaque nominative sur la terrasse ! Certains se prennent au jeu, c’est plutôt drôle !” Et pourtant à l’arrivée, ce n’était pas gagné ! Des Parisiens en province, l’étiquette était vite collée. “Quand on est arrivés ici, les gens étaient sur la réserve. Notre démarche a été d’aller faire leur connaissance, ça a été très apprécié. Et puis les artisans qui ont travaillé à nos côtés nous ont bien aidés. Ici, il y a une vraie vie de village, tout le monde vous connaît sans que vous ne connaissiez personne. On se sent vraiment chez nous maintenant…”

Force est de constater qu’ils ont eu du nez !

+d’infos :
parfum-collines
.com
> A partir de 230 euros

Photos : Marie-France Nelaton