toi mon toit

phil berthot,
mélange d'art et d'or

par Béatrice Meynier - 27 nov. 2018

or'tisan d'art

Entré en peinture comme dans une armure, Phil Berthot a finalement trouvé le chemin de son Eldorado. Alliant art et design, il transforme le bois en or !

Pour le jeune Nantais à l’enfance chiffonnée, l’art a pris valeur d’exutoire, avant de s’imposer comme un moyen de laisser libre cours à sa créativité. “Mon milieu familial ne m’a pas permis de choisir ma voie. Pour vivre, j’ai dû vendre des voitures, mais ma passion pour la peinture était omniprésente. Comme je n’avais pas les moyens de m’acheter une toile, j’ai décidé d’en faire une ! C’est comme ça qu’à l’âge de 26 ans, je me suis mis à peindre, encouragé par des proches qui ont cru en mon talent”.

C’est donc pinceaux en poches que Phil à l’âme voyageuse, s’envole pour Saint-Barthélemy. Il y demeure quelques belles années, affine sa technique picturale, commence à exposer. Sur «l’ile enchantée», l’artiste rencontre une femme d’affaires qui tombe sous le charme de ses créations. La mécène canadienne lui ouvre les pages de son carnet d’adresses et les portes du Musée d’Art Contemporain de Montréal (où une œuvre de Phil est encore exposée aujourd’hui).

L’ART DES TRANSITIONS

Le succès se profile, mais sans doute trop vite, trop tôt. Le trentenaire ne se sent pas à l’aise, pas assez sûr de lui pour intégrer ce monde particulier. Il revient en France et devient dessinateur de mobilier, activité qui le conduit à voyager, lui permettant de découvrir d’autres cultures et autant de formes de créations inspiratrices. Rattrapé par ses rêves d’art et ses désirs de soleil, Phil file s’installer à Nice, où il ouvre un show-room. Le peintre fait son trou, expose au Musée de Monaco. Et se remet en question. “Je ne veux pas m’enfermer dans un schéma unique, il faut sans cesse que j’évolue. Au début des années 2010, la crise arrivait. J’ai donc réfléchi à la façon de m’orienter autrement. Le design m’a toujours plu. Pourquoi pas me lancer dans la création d’objets ? J’ai décidé d’allier l’art au mobilier, ce qui peut se résumer par la formule : «l’art utile». Un ami ébéniste m’a enseigné quelques techniques et j’ai créé plusieurs sortes de meubles”.

CHERCH’ART D’OR

Et voilà que l’envie de bouger se manifeste à nouveau. En Haute-Savoie, Phil a de la famille ; et puis la nature est belle et la région prospère. En 2015, il pose donc ses valises dans l’ancienne école du village de Saint-Félix. Là, durant presque deux ans, le quinquagénaire peaufine sa «Fusion Or-ganisé®». “Comme je n’ai pas d’influence académique, je cherche tout le temps des nouvelles techniques. Cela prend du temps, mais c’est ce qui rend mon travail unique. En simplifié, le principe de la «Fusion Or-ganisé®» est de solidifier du charbon de bois et de «poser» dessus des feuilles d’or 24 carats ou de l’argent. De la petite surface jusqu’au monumental, de multiples déclinaisons sont possibles, tant en décoration et architecture d’intérieur, qu’en design”.

ART NOUVEAU

Buffets, consoles, commodes, mobilier d’angle, luminaires trouvent leur public. Et Phil une reconnaissance. “J’ai été contacté par les organisateurs des Biennales de New York, Paris, Venise, et j’ai plusieurs grands projets en décoration. Je prépare aussi, pour les prochains mois une performance artistique associant mes œuvres, une présence humaine et de l’audiovisuel. Elle prendra la forme d’une gigantesque croix sur laquelle je dessinerai tout ce que les hommes adulent. Cette création aura pour but de présenter mon travail, tout en incitant les gens à réfléchir sur le côté stérile de l’adoration, de quelque nature qu’elle soit”. Une idée en or ? Ainsi soit-il…

+ d’infos :
artphilvision
.fr

Photos : Allan Corvaisier