toi mon toit

urbanisme
- annecy -

par Cécile Boujet De Francesco - 4 nov. 2019

annecy désenchantiée ?

ÇA RÉFLÉCHIT À TOUT-VA EN TERRES ANNÉCIENNES ! DU VALLON DU FIER À SEYNOD, ON BRAINSTORME À TOUT VA. EN ATTENDANT, LE QUARTIER DES TEPPES A DROIT À UN LIFTING, LA «VERRUE» DE CHAVOIRES DISPARAÎT, LOLA SE FAIT DISCRÈTE, LES PREMIERS COUPS DE PELLETEUSE VONT ARRIVER À LA PILLEUSE... ET ON CHERCHE UN NOUVEAU SITE POUR LE CENTRE DE CONGRÈS !

CENTRE DES CONGRÈS, QUAND IL N’Y EN A PLUS, Y’EN A ENCORE !

Parmi les dossiers qui fâchent, le projet du futur centre de congrès à Albigny n’a pas pu profiter tranquillement de l’été ! Le 6 juin dernier, la cour administrative d’appel de Lyon a en effet confirmé l’annulation de la déclaration d’utilité publique signée par le préfet de Haute-Savoie en 2016 (Georges-François Leclerc). Une sacrée claque pour les porteurs du projet, à l’Agglo d’Annecy, qui ont fini par annoncer qu’ils s’en tenaient à cette décision de justice. Mais, comme le disaient les utilisateurs de Paic citron : quand il n’y en a plus y’en a encore !
D’abord parce la justice laisse à l’Agglo “la possibilité de réaliser 2 500 m2 sur le site” de l’Impérial selon Jean-Luc Rigaut. Le président de Grand Annecy a d’ailleurs an- noncé le lancement d’études pour réaliser des aménagements «complémentaires indispensables » au centre de congrès actuel qui «a besoin de mieux fonctionner».

ON PREND LE MÊME ET ON RECOMMENCE ?

Ensuite parce que l’Agglo n’a pas abandonné l’idée de doter le territoire de ce fameux Centre d’expositions, de séminaires et de congrès, et ce alors que des voix continuent de mettre en doute l’utilité d’un tel équipement. Pour ce nouveau chapitre, deux solutions sont possibles : Grand Annecy trouve un site qui peut accueillir le bâtiment à l’identique de ce qui était annoncé à Albigny ou elle revoit aussi sa copie architecturale. «Bilan du résultat» comme disait ma tante Bertille, sur les 9,280 millions d’euros déjà dépensés pour ce projet, environ 8,9 millions pourraient être «réutilisés» si l’on transpose de projet initial, et 6 millions s’il faut repartir de zéro(1). Le plus gros du montant «économisé» correspondant aux acquisitions foncières réalisées -sept propriétés sur dix-, ce qui permettrait d’ouvrir au public une partie de la presqu’île.

1. Séance publique du conseil d’agglomération du 26 septembre 2019

 

Les Teppes

LIFTING D'HIVER POUR LES TEPPES

En ce mois de novembre, débute la requalification du quartier des Teppes, comprenez la rénovation de ses espaces publics qui doit durer un an. Objectifs : améliorer la qualité de vie et l’attractivité de ce quartier du Nord de la commune historique. Le chantier est prévu pour se dérouler en quatre phases : rénovation des espaces situés le long de l’avenue de la Plaine (reprise de l’aire de jeux, installation de bacs potagers...), puis de la place des Rhododendrons (étanchéité, végétalisation, mise en accessibilité...), puis de la rue des Jonquilles (stationnement, création d’un cheminement sécuriser les piétons...) et enfin de la rue des Anémones, du chemin du Maquis et des espaces publics situés le long de ce dernier (sécurisation). Le tout pour un montant estimé à au moins 2,2 millions d’euros.

Une fois les travaux terminés, il s’agira de « faire la couture » avec le quartier de Novel, via la rue Louis Armand.

LOLA, UN PETIT TOUR, PUIS REVIENDRA...

Lundi 11 mars, la garante de la concertation envoyée par la Commission nationale du débat public, à la demande du Département et de Grand Annecy, a rendu son rapport concernant le projet de liaisons Ouest du lac d’Annecy (Lola). Selon les pro ou les contre, ces observations vont d’une validation de la méthode avec quelques «recommandations» -que les deux collectivités ont promis d’appliquer «scrupuleusement» puisqu’elles ont annoncé la poursuite du projet- à une longue liste de points noirs.
Sept mois plus tard, Lola semble être quelque peu sortie des radars au profit d’études opérationnelles menées par l’Agglo pour la réalisation d’un tramway. Des études qui devraient être terminées «l’été prochain» selon son président. Admettons alors qu’elles débouchent sur le lancement d’un tram’ dont on connaît déjà le surnom -merci Tennessee Williams-, le temps nécessaire à sa concrétisation se chiffrerait à pas loin de 4 années.

COUVREZ CES VOITURES...

Et en attendant, comment fait-on fait ? “On met les voitures sous la montagne via le tunnel sous le Semnoz”, répond Jean-Luc Rigaut, président de Grand Annecy. “Cela fichera la paix à tous les habitants, on aura un vrai centre-ville apaisé et tout le monde s’y retrouvera. L’enjeu de Lola, c’est la ville apaisée.” Et de compléter: “Comme maire d’Annecy, je suis aussi attentif à ce que l’on ait des bons transports en commun le long du lac, et pour le faire, j’ai besoin d’une voie de bus en site propre et pour ça, il faut enlever les voitures.” CQFD. Du côté du Département, le projet est très bien accueilli. C’est même une «idée géniale» selon son président qui déclarait il y a encore quelques semaines que Lola n’était pas “le projet du Département, mais celui du Département à la demande du territoire et des habitants. Nous, on ne veut pas l’imposer. On consi- dère que c’est le bon dispositif, mais on peut se tromper.” Philosophe, Christian Monteil ? “Le Département s’est énormément engagé sur la mise en place du projet Lola. Ce dossier a été chahuté par des associations, des élus, des particuliers... Il y a eu une opposition très forte dans le cadre de la concertation. Une opposition qui parfois était naturelle, parfois organisée, managée. J’avoue que je me suis parfois senti un peu seul sur la tribune.”

CHAVOIRES, BYE BYE LA VILAINE VERRUE

Les noctambules les ont bien connus, aujourd’hui il ne reste plus rien des restaurants, hôtel et autres discothèques (dont le Maracaïbo jusqu’en 2014) qui se sont installés à Chavoires, dans ce Cyclope construit «de manière illégale» sur les ruines d’une ancienne poterie d’Annecy-le-Vieux.
A la place, un site reboisé et sécurisé, puisqu’un filet pour empêcher la chute de blocs de pierres a été installé au printemps 2019 sur les zones sensibles du mont Veyrier à l’aide d’un hélicoptère. Auparavant, il a fallu que la Ville acquiert les bâtiments classés en zone rouge au plan de prévention des risques naturels, les désamiante, puis les démolisse (fin des travaux de démolition/terrassements, en octobre dernier).
Tandis qu’une partie du site est mis à disposition de Grand Annecy à l’occasion de la rénovation de l’usine de pompage de la Tour (alimentation en eau potable d’Annecy-le-Vieux, Argonay, Veyrier-du-Lac...), son réaménagement global doit démarrer en 2020. Montant de la facture : 543 020 €TTC (études et travaux compris).

ÉCOLE DES FINS, 114 LOGEMENTS EN 2022

Construite en 1936 par l’architecte Fleury Raillon, l’école des Fins a fermé ses portes en 2013. Sur le tènement d’un hectare appartenant à la Ville, les pensionnaires de La résidence heureuse, auparavant installés dans le quartier des Teppes, sont accueillis depuis 2016 dans un nouveau bâtiment (80 places).
Au printemps 2020, soit près d’un an après la démolition des bâtiments, ce sont les travaux pour la construction de 114 logements qui devraient débuter. Livraison prévue courant 2022. Dans le détail, il s’agit de 60 logements en accession à prix libre, 20 en accession à prix maîtrisé et 34 logements locatifs sociaux, sur une hauteur maxi de cinq étages. Ces appartements sont complétés par 365 m2 d’activité (commerces, services...), 146 places de stationnement en sous-sol et 3 700 m2 d’espaces paysagers. La particularité du projet tient au fait que la partie de l’ancienne école donnant sur la rue Marc Leroux a été conservée.