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cap vers les USA

par Céline Leclaire - 6 juil. 2020

voyage en terre de contrastes

PHOTOGRAPHE, VIDÉASTE, MONITEUR DE SKI, COACH, CHANTEUR... YANNICK BELLISSAND A TOUTES LES CASQUETTES ! ENFILANT CELLE D’AVENTURIER, IL S’EST LANCÉ IL Y A DEUX ANS DANS UN VOYAGE RELIANT LA FRANCE AUX AMÉRIQUES, PORTÉ PAR LE VENT ET LES RENCONTRES...

"Quand j’étais petit, je regardais mes montagnes de Haute-Maurienne à l’est et je me disais : plus tard, je partirai de ce côté pour revenir de l’autre...” Quelques années plus tard, ce rêve, Yannick l’a (en partie) réalisé. Tout d’abord en se lançant en 2015 dans un début de tour du monde... avant de se perdre dans des îles du Pacifique ! Puis en 2018, pour effacer ce petit goût d’inachevé, il prend le large et traverse l’Atlantique sur un voilier flambant neuf que Stéphane, son capitaine, s’apprête à livrer à son propriétaire de l’autre côté de l’Atlantique. “La partie la plus compliquée était le trajet proche des côtes, entre la France et les Açores, la mer y était moins facile qu’en plein milieu de l’Atlantique. Puis des Açores aux Bermudes, nous avons mis 15 jours sans voir une seule île. Le capitaine avait l’habitude de dire qu’au large, tout est un événement. Et effectivement, c’est tellement long et plat, que quand on voit une tortue passer, c’est un événement !” Alors une baleine, c’est jour de fête ! L’équipage a eu la chance d’en voir une avec son petit passer à quelques mètres du voilier et Yannick a même pu l’immortaliser au drone qu’il utilisait pour la première fois : un beau baptême de mer...

GRAIN DE SEL

Après deux semaines en pleine mer, la terre des Bermudes avait une saveur salée toute particulière mêlant sentiment d’accomplissement, excitation et légèreté... “On a traversé, ça y est... Ne restent que ces images de nuits étoilées magnifiques car loin de la pollution lumineuse, seul à la barre, dans un silence parfois uniquement brisé par la respiration d’une orque...” Son conseil pour une traversée réussie ? “Bien s’entendre avec ses équipiers, il faut pouvoir passer au-delà des tensions inévitables, car on ne peut pas s’enfuir ! Et puis, le mal de mer, ce n’est pas anodin non plus, on ne fera pas demi-tour si on est malade !
Arrivé à Annapolis, Yannick entre dans un bar et touché par le bruit se dit alors “Pour accentuer ce contraste entre le silence et la solitude de la pleine mer, allons à New York ! Et étonnamment, en arrivant dans cette ville immense et grouillante, je m’y suis senti très bien. Finalement, je n’ai pas eu le choc attendu. J’ai exploré la ville... Times Square par exemple, c’est quelque chose à voir : des écrans partout (à tel point que mon ami avait l’impression d’être dans un i-phone géant !), en pleine nuit, on peut facilement se croire en plein jour ! Et puis, on découvre des surprises à chaque coin de rue : un petit café au fond d’une boutique, un studio d’enregistrement complètement insonorisé au milieu des buildings, l’immense forêt de Central Park...

HIPPIE HIP HOURRA !

Après cette découverte de la ville de tous les possibles, sur un coup de tête, décision est prise d’aller au Burning Man en plein cœur du désert du Black Rock au Nevada. Mais sans billet, Yannick est obligé de rester à l’extérieur... Qu’à cela ne tienne, l’ambiance de ce festival complétement barré rayonne bien au-delà du rassemblement officiel et il prend alors la route pour Nevada City, une ville mi-américaine tradi/mi-hippie. “Beaucoup de gens du Burning Man vivent ici. Il y a un mélange de cultures étonnant, beaucoup de respect pour la nature, le vivant... Comme je n’avais pas beaucoup d’argent, j’ai fait du couchsurfing chez une danseuse, ce qui m’a permis de découvrir l’ecstatic dance lors d’une soirée : sans alcool, ni drogue, chacun danse comme il veut ! Il y a des personnes gênées, d’autres qui courent dans tous les sens, d’autres qui exécutent des pas tribaux... C’était très libérateur !

Nevada, vers Burning man
Sur la route de de Burning man - Nevada
Sur la route de Burning man - Nevada

Un jour, une amie l’a emmené au bord d’une rivière où se côtoyaient des personnes habillées et nues, tout le monde cohabitaient naturellement, en harmonie. “Cet endroit était superbe, et j’ai voulu le vivre comme eux. Je voulais appréhender leur vérité. A un moment donné, le soleil se couchait, la lumière était splendide et une jeune fille se baignait nue... un vrai tableau. Je lui ai demandé si je pouvais la prendre en photo, elle a accepté, c’était juste beau.

Bain en rivière vers Nevada City

UN ANGE PASSE...

Après une étape à San Francisco pour y admirer les œuvres street art sur les murs du quartier mexicain où il logeait, Yannick débarque à Joshua Tree, près de Los Angeles pour filmer le Bhakti Fest, un festival de musique indienne et de yoga. “L’ambiance était très particulière, les gens très doux, très calmes... J’ai participé à des ateliers de respiration profonde pour rentrer en méditation. A côté de cela, j’ai aussi été manger un burger dans un saloon où j’ai joué de la musique country. C’est ça le fil rouge de mon voyage, le contraste entre cette culture américaine comme on peut l’imaginer et ce côté hippie que je ne pensais pas forcément explorer et qui est ressorti en me laissant porter...” Après un mois sur l’océan, un autre mois en Amérique du Nord, Yannick est ensuite parti pour le Pérou et l’Amazonie en immersion avec un chamane. De quoi alimenter de nouveaux récits de voyage...

Café dans le quartier Mission à Los Angeles
©Yannick Bellissand